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Un dîner avec plus de 1000 invitées


Le dîner joue un rôle fondamental dans la Bible, avec La Cène (soit le dernier repas de Jésus), mais aussi dans certains films, comme Festen, où toute l’intrigue se déroule pendant un grand repas de famille, ou encore dans dans des romans et récits philosophiques comme Le Banquet de Platon. Pas étonnant donc que Judy Chicago ait choisi ce repas pour son oeuvre monumentale The Dinner Party.


The Dinner Party est une installation réalisée de 1974 à 1979 par Judy Chicago avec l’aide de bénévoles. L’oeuvre est composée de 39 tables qui forment un triangle dont les côtés mesurent environ 15 m. Chacune de ces tables est une place réservée à une femme qui a marqué l’histoire. Chaque place est ainsi munie d’un set de table sur lequel est brodé le nom de la convive. Sur chaque table on trouve aussi une coupe de vin (qui peut rappeler celle qui contient “le sang du christ” dans la Bible) ainsi qu’une assiette contenant soit un papillon soit une fleur, des symboles liés au sexe féminin.


Ce n’est pas tout ! Ces 39 tables se trouvent sur un socle triangulaire sur lequel sont gravés 999 autres noms de femmes qui ont marqué l’humanité. Cette oeuvre comprend donc 1038 noms de femmes en tout. Certaines femmes citées ont réellement existé, comme Virginia Woolf, Aliénor d'Aquitaine ou encore la peintre Artemisia Gentileschi, mais il y a aussi des femmes mythiques telles que la déesse hindou Khali, Amazone de la mythologie grecque ou la déesse mésopotamienne Ishtar.















Artemisia Gentileschi (1593, Roma – 1651, Napoli), "Autoritratto come Allegoria della Pittura"


Judy Chicago explique qu’en réalisant cette oeuvre elle désirait « mettre fin au cycle continuel d'omissions par lequel les femmes sont absentes des archives de l'Histoire ». Cette oeuvre s’accompagne donc d’un puissant message féministe qui n’a pas plu à tout le monde puisque le critique d’art Hilton Kramer écrira : « The Dinner Party réitère son thème avec une insistance et une vulgarité plus appropriées, peut-être, à une campagne de publicité qu'à une œuvre d'art ». Pour l’artiste Cornelia Parker, « il y a trop de vulves » et elle s’amuse à imaginer qu’elle pourrait faire entrer cette immense oeuvre dans une « minuscule benne à ordures ». Une chose est sûre, l’oeuvre n’a pas laissé indifférent ! Si vous désirez vous faire votre propre avis, il faudra vous rendre au Brooklyn Museum , à New York… ou contempler des photos de l’oeuvre sur google image ! Pour continuer à explorer ce repas si important, Quidol vous invite à un dîner plein de questions gargantuesques (oui ce mot existe) dimanche 25 octobre à 20h30 !


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